giovedì 8 giugno 2017

Le djihadisme selon Silvia Pierantoni Giua

Le djihadisme: mélange explosif entre narcissisme et vengeance
Plutôt quune conversion à la religion d'Allah, le djihadisme est un processus qui amène lindividu à laccomplissement de ce que nous appelons « identité au négatif ». Avec cette définition, nous nous référons à une opération qui voit se croiser et s'imbriquer deux éléments : labdication de la pensée critique en faveur dune adhésion totalisante à une idéologie. Ce processus ne fait que combler une manque d'identité saine, c'est-à-dire celle d'un individu qui a surmonté la phase narcissique de l'enfance. Cette conversion naboutit pas forcement au djihadisme, elle peut rester latente, comme c'est le cas de certains sujets psychotiques dont la psychose n'éclate jamais.[1]
L’élément qui déclenche ce processus vers l'adhésion totalisante à l'idéologie djihadiste est la vengeance, en loccurrence celle liée à  l' « idéal blessé musulman » défini par le psychanalyste Fethi Benslama. Ce dernier affirme également que « loin dappartenir au passé ou à quelconque retour intégral de la religion, lidéologie de lislamisme est lexpression moderne de la décomposition de linstitution religieuse et dune nouvelle composition idéologique, un nouveau mythe identitaire » (BENSLAMA, 2014: 316).[2] Pour cette raison, nous pensons que le coeur du djihadisme nest pas à rechercher dans lIslam, mais plutôt dans les mécanismes psychiques qui peuvent le transformer en fanatisme destructif.
Une vengeance qui se voit légitimée
Cette contribution sarticule autour de lanalyse dune vidéo de propagande djihadiste postée en langue originale (l'arabe) et mise en ligne sur Internet le 12 mars 2013 par la société de production al-Manārah al-Bayḍā’ (Le phare blanc) de Jabhat al-Nosra.
Ce dernier est un bloc armé d'idéologie salaste-djihadiste, créé en 2012 par al-Joulani, devenu lun des plus importants groupes rebelles contre le régime syrien. Il possède une stratégie de communication de plus en plus élaborée sans pour autant dépasser celle de son rival Daesh, auquel il refuse l'allégeance. Sa propagande sarticule autour dun discours révolutionnaire en opposition au régime de Bachar et de son allié Occident et dont l'objectif est dapparaître comme le seul groupe capable de ré-établir la justice et la dignité dans les terres du Levant grâce d'abord à la victoire sur ses tyrans à travers le djihad et, après, à l’établissement de la Charia. 

Cette vidéo est la dixième dune série dédiée spécifiquement à l'Amaliyya istišhâdiyya[3] (opération martyre) ; ce qui montre limportance de ce genre dopérations dans la stratégie de communication de Jabhat al-Nosra.
La vidéo -d'une durée de 11 minutes- souvre sur la phrase « bismi Allah ar-Rahman ar-Rahîm» (Au nom de Dieu Clément et Miséricordieux), formule qui introduit toutes les sourates du Coran. Elle est la première de toute une série d'éloges à Dieu et de versets coraniques, lesquels -comme on le verra- occupent une place très importante dans lensemble de la vidéo en question. Lusage de cette rhétorique religieuse a pour objectif de légitimer lacte mis en avant dans la vidéo de propagande, comme pour indiquer que ce que lon voit (l'opération martyre) est écrit dans le Coran même, quil fait partie de lIslam, quil est voulu par Dieu. Par conséquent, il est justifié’ sinon souhaité’. LIslam ici est donc mis au service de la construction dune nouvelle identité, qui bénéficierait dune légitimité sacrée (BENSLAMA, 2014 : 111)[4].
Ensuite, se succèdent des images dexplosions provoquées par le régime syrien dans différentes villes (Idleb, Damas, Hama et Alep) accompagnées d'un hymne à la guerre : une musique rythmée et répétitive. Il s'agit d'un « nasheed », chant poétique sans accompagnement musical, adapté à la cause djihadiste. Le musicologue Luis Velasco-Pufleau démontre l'importance des «nasheed » dans la création d'une culture du djihad. De fait, ils « peuvent devenir les symboles collectifs dune ‘communauté imaginaire de djihadistes, remémorer les martyrs, construire une mémoire ou un imaginaire commun, réguler les émotions des combattants ou ritualiser la violence».[5] La cadence rituelle de ce chant polyphonique suggère le caractère sacré’ des paroles et des images qui les accompagnent. De fait, les éléments visuels et auditifs ont pour objectif de susciter une forme dexcitation sensorielle auprès de téléspectateurs, de mobiliser la dimension affective. Tous les choix de la composition de la vidéo sont mis au service d'un but précis : celui de persuader le public de la justice de la cause et également de l'exhorter à en faire partie.
Suit le titre Bidâyat an-Nihâya 10 (Le début de la fin [épisode numéro] 10) et, ensuite, un sous-titre sur fond noir : « La plus grande opération de martyr en Syrie, avec un camion chargé de 20 tonnes dexplosif ; une bataille pour la vengeance de nos familles de Albah et de al-Haawiyya. Dans ces deux villes, le pouvoir a tué des centaines de musulmans. Opération martyre, caserne militaire pour lentraînement, petite ville de Homs ».
Rien n'est dû au hasard 
La séquence dominante dans la vidéo est celle qui nous montre le protagoniste de la future action suicidaire qui nous explique les raisons de son acte et qui lit ses testaments adressés à la famille et aux musulmans. Il est filmé en extérieur, assis sur un lit bas dans un espace neutre, ce qui invite le spectateur à se concentrer sur ses déclarations lues à haute voix. Seul le drapeau de Jabhat al-Nosra peut aussi attirer notre attention, symbole dun idéal partagé.
Une autre partie particulièrement remarquable est celle où le martyr salue ses compagnons. Après la bénédiction de linterviewer, une minute sera entièrement consacrée aux embrassades.
Lefficacité de la vidéo repose sur la combinaison de trois registres différents qui donnent à l’‘opération martyre cette impression de logique, de justification, dinéluctabilité, de vérité : la  volonté de Dieu ; la dimension de guerre qui permet tout ; la dimension communautaire du groupe qui partage la même idéologie. De plus, le vidéaste maîtrise bien les outils de communication ; il alterne l'appelle aux deux dimensions constitutives de l’être humain : la part rationnelle et la part inconsciente. La croyance se situe ici dans le premier registre ; de fait, quand le protagoniste parle de Dieu, de Sa parole et de Sa volonté, il est extrêmement sérieux, ferme et rationnel. Au contraire, quand il parle avec ses amis (dimension réelle, terrain), on est dans une atmosphère sentimentale et affective, soulignée par un « nasheed » mélancolique. Mettre du rationnel sur l'affectif [croyance] et de l'affectif sur des faites [réalité] est une des stratégies de manipulation utilisées dans cette propagande : le message qui passe, finalement, est quil est normal d’être triste de perdre un ami, un frère, un fils, mais que, si l'on surmonte cette limite humaine on parvient au vrai bonheur, celui propre du divin.
Leffet placebo de lau-delà
Dun point de vue structural et sémantique, certains mots sont plus intéressants que d'autres. De fait, il sagit de paroles qui véhiculent des notions récurrentes du début à la fin de cette vidéo. Certaines, en particulier, sont tellement répétées que lon croirait entendre la récitation dun mantra. Cest le cas du mot Allah (Dieu/Seigneur), présent plus de 50 fois. Cette répétition semble avoir une double fonction : celle dauto-conviction pour le protagoniste qui se persuade ainsi du bien fondé de son action ; et celle du mantra qui plonge le public dans la dimension mystique de la mission.
Une autre parole quil faut souligner est al-janna (paradis) auquel dautres encore sont reliées. On assiste à la forte conviction de lexistence de lau-delà, car cest Dieu qui le promet dans le Coran. Cette profonde croyance permet davoir le courage de perdre sa propre vie car il ne sagirait pas dune vraie mort mais, au contraire, de laccès direct à la vraie vie. Le mujâhid (celui qui mène le combat du djihad) sappuie sur la conviction d’être un šahîd (martyr), autre mot fondamental. Dans le Coran, on trouve des sourates comme celle-ci : « Et ne dites pas de ceux qui sont tués dans le sentier dAllah quils sont morts. Au contraire, ils sont vivants, mais vous en êtes inconscients.» (Coran : II, 154).
Le détail sur lequel il faut maintenant sarrêter est que ce qui dans lhistoire de lIslam était un vrai sacrifice, cest-à-dire le choix extrême de se faire tuer plutôt que dabjurer, devient aujourdhui un choix prémédité -un suicide-, une stratégie qui prévoit également lhomicide. Dailleurs, dans la tradition de l'Islam le suicide est absolument interdit. Lexistence humaine est, en fait, considérée sacrée, comme on peut le retrouver plusieurs fois dans le Coran (XVII, XXX et passim) car la vie fait partie de la création : elle est le don le plus important que Dieu ait fait aux êtres humains. Le suicide est donc condamné car, en anticipant la décision de Dieu, on contrevient à Son dessein.[6] Provoquer sa propre mort serait comme nier le fait que lexistence est fille de la volonté de Dieu et attribuer à lhomme le pouvoir sur celle-ci, alors que « personne ne peut mourir que par la permission dAllah, et au moment prédéterminé » (Coran : III, 145). Le mot martyr a donc adopté une nouvelle signification : « En ce sens, il y a la subversion de la tradition, puisque le martyr nest plus subordonnée au combat (jihad), mais linverse ».[7]
La mégalomanie en acte
Le protagoniste de la vidéo insiste plusieurs fois sur le fait quil faut être patients et pieux ; il invite à agir et à ne pas être faible, à être un vrai homme, ou mieux, un vrai musulman. On retrouve ici le concept de « surmusulman » proposé par F. Benslama, cest- à-dire la « position subjective dans laquelle un musulman est amené à surenchérir sur le musulman quil est par la représentation dun musulman qui doit être encore plus musulman » (BENSLAMA, 2014 : 35-36).[8] Dune certaine manière, on trouve dans ce concept le désir de saffirmer en tant quhomme viril, en tant que vrai chevalier de la foi qui a le pouvoir divin : « La version violente de lislam devient, dans cette perspective, lislam viril » (KHOSROKHAVARD, 2003 : 310).[9] Le « surmusulman » serait donc un super-homme qui renverse le but de la vie en faisant confluer dans un seul objectif -sa mort et celle de ses ennemis- le sens de son existence.
Une autre répétition importante (20 fois) est celle de ladjectif « le tout-puissant » adressé à Dieu, mais que le mujâhid sapproprie en tant que son serviteur. Nous assistons alors à un délire de grandeur : il sadresse à Dieu mais, en réalité, le sujet se cache derrière en ayant lillusion d’être un héros qui décide de son destin et de celui des autres. Il se trouve donc dans une dimension de grand narcissisme, dont les conséquences seront magnifiées par les médias, en arrivant à transformer la haine de lautre en une identité supérieure propre : il devient, comme dit le sociologue F. Khosrokhavard, une « star négative ».
Pour résumer ce concept nous utiliserons lhistoire symbolique racontée par le théologien Lessing : Dieu apparaît à un sage en lui demandant de choisir entre la main droite, qui détient la vérité, et la main gauche, qui détient la recherche de la vérité. Le sage choisit la main gauche car il sait que la possession de la vérité est la prérogative de Dieu. Le djihadiste nest, dans cette logique, pas quelquun qui suit la pensée de Dieu mais qui sy substitue. Il choisit la main droite.
Dun cas clinique à une folie collective
La dimension communautaire est fondamentale dans ce processus qui conduit à lopération martyre. Le protagoniste sadresse, en fait, à ses « frères ». Ce dernier mot a plusieurs nuances ; il est utilisé dans le sens dappartenance à la même religion : ils sont tous égaux face à Dieu, ce qui donne un sens d’égalité, de justice et daffranchissement. En outre, il y a une dimension commune à tous les êtres humains : la force de la « oumma » (la communauté). Elle est particulièrement présente au moment où le protagoniste salue ses compagnons dehors ; de fait, on y voit, en arrière plan, des vêtements étendus en train de sécher qui suggèrent la dimension familiale du groupe . Celui-ci donne force, courage et affection, et l'action de sacrifice, comme elle est partagée et soutenue, prend une dimension de preuve, de démonstration et de puissance.
Lappartenance à un groupe est fondamentale pour conférer un statut, une identité. Par ladhésion, le mujâhid acquiert un rôle, il rejoint une humanité nouvelle et la cause sacrée rend possible la transformation de la simple mort personnelle (suicide) en un geste héroïque pour la communauté, pour laquelle le martyr devient un modèle à suivre. Quand une conviction est partagée, elle renforce lidéologie, ce qui amène les interlocuteurs à voir laction du protagoniste comme une «bénédiction de Dieu » -mots  utilisés par le protagoniste de la vidéo- jusqu’à lenvier.
Dautres expressions amplifient le sentiment quil est investi dun rôle grandiose ; comme il le dit au début, il est « honoré » car il est un élu. Il devient une sorte de Saint sur Terre, un mythe qui nest pas lexpression dun simple discours de retour ou de restauration dune doctrine religieuse mais celle dun mythe moderne nouveau, sans équivalent dans lhistoire de lIslam.
À la base du mécanisme de la force de la foule, S. Freud nous révèle qu'il y repose, encore une fois, un processus narcissique : les individus ont mis le même idéal à la place de leur idéal du moi[10], ce qui leur permet de sidentifier les uns aux autres.[11] Cela permet donc au fanatisme de devenir une folie partagée. Comme le remarque le psychanalyse G. Haddad « un fanatique isolé, comme un raciste isolé, relève de la psychiatrie. Mais l'appartenance à un groupe lui permet d'acceder à une dignité supérieure, celle d'avoir un rôle politique, voire d'infléchir l'Histoire ». (HADDAD, 2015 : 23).[12]
Le danger de la perfection
Mais quel est cet idéal qui unit les adhérents à loffre djihadiste ?
C'est l'idéal de la perfection, perfection dont les adhérents seront investis et qui leur permet de s'élever au-dessus des autres. Cet idéal vient du refoulement de la finitude humaine, en d'autres mots, de la mort. Il révèle de l'absence d'un statut subjectif adulte et renvoie à la phase narcissique où l'enfant était en fusion parfaite avec la mère. Ce délire de grandeur, qui apporte un sentiment de jouissance et de toute-puissance, est le produit de la conviction illusoire de pouvoir accomplir cet idéal de perfection et de pureté (propre à l'obsessionnel). L'ajout de la soif de vengeance liée à une situation de catastrophe humanitaire réelle produit le mélange explosif du djihadisme.
Ce dernier se révèle alors séduisant dans le sens où il propose cet idéal de l « unité », laquelle, par ailleurs, serait lunique vérité ; ce qui le transforme en un dogme qui enferme et cristallise la pensée. C'est une idéologie qui déplace le problème subjectif identitaire à lextérieur -linfidèle, lOccident, le mal- lequel devient un concept abstrait et tellement universel quil en arrive à coïncider avec l’être humain. De fait, il ny a pas de véritable objectif mais apparaît une attraction pour la destruction en soi ; au final, cet ennemi nexiste pas, cest l’être humain même qui est visé, djihadiste inclus.
La revendication dun vrai Islam est en fait un délire de toute-puissance, le produit dune mégalomanie sans limites qui cherchera toujours à être « plus » (plus pure, plus vraie, plus authentique) quavant et cest justement linexistence de cette « oumma » utopique qui leur donne un sentiment de supériorité spirituelle : celle des ‘élus face aux esclaves de ceux qui narrivent pas à comprendre le vrai sens de la religion dAllah.
Cet accomplissement figé narcissique nest donc, au fond, rien dautre que lincapacité daccepter
sa propre nature humaine. Cet oubli de soi-même au nom dun idéal de perfection ne peut donc être accompli quen niant et détruisant la réalité imparfaite de ce monde. Le djihadisme est, en ce sens, lapothéose du narcissisme primitif ; cela va jusqu'à lannulation de soi dans lAutre, ce qui, puisquimpossible à réaliser, ne peut déboucher que sur la mort.
Cette vidéo témoigne dune situation dramatique de guerre qui sappuie sur une idéologie qui donne, dune manière radicale, un sens : le choix de la mort devant le sentiment dimpuissance face à la réalité de la vie. La frustration et la haine vis-à-vis du sentiment d'injustice ressentie sont assouvies en mettant à mort ceux que le martyr identifie comme les causes de son malheur ; de sorte que devient possible laffirmation de soi : « Dune certaine manière, le martyr réussit à rendre possible lindividuation dans la mort » (KHOSROKHAVARD, 2003 : 84)[13] .
Si au narcissisme on ajoute la vengeance on obtient ce mélange explosif qui s'appelle djihadisme car on agit « pour la cause de Dieu » mais il y a une raison concrète et réelle (la vengeance face à l'horreur de la guerre). On peut dire que les djihadistes arguent leur croyance en Dieu -le juste- pour se venger dune cause effective. Cest justement la conjonction de folie et de réalité qui crée le problème. En fait, « le mélange du mythe et de la réalité historique est plus toxique que le délire» (BENSLAMA, 2016 : 53).[14]




Bibliographie
  BENSLAMA Fethi, 2016. Un furieux désir de sacrifice. Le surmusulman, Paris, Seuil.
, (dir.), 2015. Lidéal et la Cruauté. Subjectivité et politique de la radicalisation, Fécamp, Lignes.
, 2014. La guerre des subjectivités en islam, Fécamp, Lignes.
  BRANCA Paolo, 2000-2001. « La morte nella tradizione islamica », Quaderni Asiatici, n. 55-57.
  FREUD Sigmund, 1921 éd. 2014. Psychologie des masses et analyse du moi, Paris, Points.
  HAMIDULLAH Muhammad (traduction), s.d. Le noble Coran et la traduction en langue française de ses sens, Arabie Saoudite, Complexe Roi Fahd.
  HADDAD Gérard, 2015. Dans la main droite de Dieu. Psychanalyse du fanatisme. Paris, Premier Parallèle.
  KHOSROKHAVARD Farhad, 2003. Les nouveaux martyrs dAllah, Paris, Champs Flammarion.
   VELASCO-PUFLEAU Luis, 2015. « Après les attaques terroristes de l’État islamique à Paris. Enquête sur les rapports entre musique, propagande et violence armée », Transposition. URL : http://transposition.revues.org/1327 ; DOI : 10.4000/transposition.1327 [dernière consultation mars 2017].



[1] Cf. Gérard Haddad, Dans la main droite de Dieu. Psychanalyse du fanatisme, Premier Parallèle, Paris, 2015.
[2] Fethi Benslama, La guerre des subjectivités en islam, Fécamp, Lignes, 2014, p. 316.
[3] Istišhâd est un substantif qui, en arabe, signifie martyr. Il est remarquable que sa forme verbale existe seulement à la forme passive (ustišhida). La langue témoigne de ce que la conception du martyr est celle de « subir le martyr pour la foi » et non de celle de le provoquer, en tuant, de plus, les autres. Cf. Roberto Traini, Vocabolario arabo-italiano, Rome, Edizione Istituto per l'Oriente, 2012, p. 702-703.
[4] Cf. F. Benslama, La guerre des subjectivités en islam, op. cit., p. 111.
[5] Luis Velasco-Pufleau, « Après les attaques terroristes de l’État islamique à Paris. Enquête sur les rapports entre musique, propagande et violence armée », Transposition, mis en ligne le 15 décembre 2015. URL : http://transposition.revues.org/1327 ; DOI : 10.4000/transposition.1327 [dernière consultation mars 2017]
[6] Cf. Paolo Branca, « La morte nella tradizione islamica », Quaderni Asiatici, n. 55-57, 2000-2001.
[7] F. Benslama, La guerre des subjectivités en islam, op. cit., p. 79.
[8] Id., pp. 35-36.
[9] Farhad Khosrokhavard, Les nouveaux martyrs dAllah, Paris, Champs Flammarion, 2003, p. 310.
[10] l' « idéal du moi » est le coeur de l'identité de l'individu et il se forge dans les premiers mois de la vie de l'enfant. Il est l' « instance de la personnalité résultant de la convergence du narcissisme (idéalisation du moi) et des identifications aux parents, à leurs substituts et aux idéaux collectifs. En tant quinstance différenciée, lidéal du moi constitue un modèle auquel le sujet cherche à se conformer. » Cf. S. Freud cité en J. Laplanche et J-B. Pontalis, Vocabulaire de la Psychanalyse,  Paris, PUF, 2007, p. 184.
[11] Cf Sigmund Freud (1921), Psychologie des masses et analyse du moi, Paris, Points, 2014.
[12] G. Haddad, Dans la main droite de Dieu, op. cit., p. 23.
[13] F. Khosrokhavard, Les nouveaux martyrs dAllah, op. cit., p. 84.
[14] F. Benslama, Un furieux désir de sacrifice. Le surmusulman, Paris, Seuil, 2016, p. 53.

venerdì 28 aprile 2017

Luoghi da vivere. Per i sentieri delle muse nella Puglia di Federico

Luoghi da vivere, itinerari emozionali

Per i sentieri delle muse nella Puglia di Federico – Educational Bisceglie
Sophie Moreau


Cinque giorni per i sentieri della Puglia, un itinerario rivolto alla stampa turistica, promossa dal Comune di Bisceglie con il sostegno del Circolo dei Lettori e il Presidio dei Libri locali, con l’idea di far vivere il luogo in tutti i suoi aspetti, più che raccontarlo. Giornalisti italiani e tedeschi hanno condiviso alcune giornate lungo i sentieri delle muse nella Puglia di Federico II, figura illuminata, il cui simbolo architettonico è Castel Del Monte, costruzione intrisa di sapere esoterico.
Il percorso si è articolato tra monumenti, religiosi, come la Sagra di Santa Maria di Zappino, processione solenne che si svolge nei campi in onore della Vergine di Zappino, venerata per la salubrità dei campi e la pioggia feconda; e non, tra natura e tradizione, con un’attenzione particolare ai sapori, simbolo della cultura locale, come l’olio. E’ stato infatti organizzato un pranzo in un frantoio. Tra le tappe da segnalare la visita alla Pinacoteca “De Nittis” nel Palazzo della Marra, a Barletta con la partecipazione della storica dell’arte Christine Farese Sperken curatrice del Catalogo Generale Giuseppe De Nittis Barletta (2016, ed. Adda). Il celebre poeta è stato uno dei tre “impressionisti” italiani a Parigi insieme a Zandomeneghi e Boldini. In occasione dell’iniziativa per la stampa è stata organizzata una lettura scenica, a cura dell’attrice Nunzia Antonino e del regista Carlo Bruni (direttore del Teatro Garibaldi di Bisceglie), con musiche dalle lettere – Notes et souvenirs – in anteprima nazionale

La manifestazione si è conclusa al ristorante Verde Matematico con una cena degustazione, promossa dalla professoressa Rosa Leuci del Circolo dei Lettori di Bisceglie, vera partigiana dei libri e della lettura, preceduta dalla conversazione della scrittrice e giornalista, sommelier Ilaria Guidantoni, che ha raccontato i “Sapori e saperi del Mediterraneo”. E’ stato un viaggio tra cultura e cucina con l’accento posto sulle corrispondenze e le matrici comuni che si rincorrono linguisticamente a tavola in un gioco di rimandi.
 (da sinistra l'attrice Nunzia Antonino, la scrittrice Ilaria Guidantoni, la professoressa Rosa Leuci e la proprietaria di Palazzo Lupicini Giulia Mastrogiacomo)


Un breve estratto della relazione di Ilaria Guidantoni: La Cucina non è solo un insieme di ricette e cibo per il corpo ma insieme di saperi e nutrimento dell’anima: la tavola traccia dei confini di comunità non solo religiose, di linguaggi, abitudini, di sfere sociali. Si conferma così il detto secondo il quale la civiltà di un popolo si vede a tavola e i migliori affari si fanno a tavola ma anche la simbologia legata al mondo famigliare ed erotico che con il cibo ha una sua specificità. Non a caso i disturbi del comportamento alimentare – anoressia, bulimia, il fenomero degli iperfagici prandiali, divoratori di carboidrati, mangiatori notturni, o ancora appassionati di junkle food e alcolisti denunciano disagi del comportamento affettivo. La cucina ci accompagna tutta la vita ed esiste un cibo della morte, l’ultimo, quello che accompagna il defunto e che è solitamente dolce per addolcire la morte e la separazione per chi resta.
Nel mondo mediterraneo questo vale ancora di più, come illustra lo stesso vocabolario: sapere e sapore rimandano a una radice comune, il sale, quello del mare, ‘als in greco che è anche uno dei nomi del mare nostrum per gli Elleni, il mare interno. Il sale è il cuore del cibo perché è ciò che da sapore al nutrimento e per estensione gusto alla vita, è stato moneta di scambio e ancora primo e migliore conservante, già dal garum nigrum dei Romani. E’ il sale che porta il Mediterraneo lontano dalle coste per cui nella cucina tradizionale in Abruzzo e in certi territori dell’interno relativamente prossimi al mare è quello tipicamente sotto sale, sardine (una grande tradizione è in Algeria), aringhe e baccalà che ancora a Firenze negli anni Sessanta era praticamente l’unico pesce consumato. Lo stesso termine arabo per indicare il mediterraneo rimanda al bianco della spuma, della purezza e del sale. Il sale del Mediterraneo è il ghiaccio del nord prima dei frigoriferi: l’espressione scaldare il cuore in arabo si dice letteralmente «raffreddare il cuore».
Un viaggio nelle corrispondenze e differenze fra le tre religioni del Libro e molto altro, tra fiori, frutti e piatti del “mare bianco di mezzo”.
La cucina in questa parte del mondo è stata consacrate, nel senso stretto del termine, dalle tre religioni del libro che definiscono radici comuni e insieme stabiliscono confini tra di loro, affondando le proprie origini in alcune abitudini del mondo greco.
Prima di affrontare nello specifico il tema di oggi passiamo alla seconda parte del titolo e concentriamoci sul nostro orizzonte, il Mediterraneo. Il termine evidenzia un continente liquido che come dice lo stesso termine in più lingue e questo fa sì che le corrispondenze siano più delle differenze, con una corrispondenza molto forte nei sapori a livello naturale-geografico.
Fin dove arriva il Mediterraneo? Questo si domanda Predrag Matvejevic: «Le frontiere vere del Mediterraneo, infatti, non sono statali e neanche storiche, sono quelle appunto geografiche, autentiche: ad esempio delle coltivazioni dell’ulivo, del mandorlo, del fico e del melograno…fin dove va il fico senza diventare selvaggio, lì arriva il Mediterraneo; così come fin dove va il melograno senza diventare acido; e ancora, fin dove è coltivabile l’ulivo e, sull’altra sponda, la palma da dattero.»
D’altronde La scrittrice Sonya Orfalian, armena….racconta che la cucina è regionale e che la cultura è stata soprattutto tramandata con le ricette e le fiabe nate intorno al focolare…Ogni fiaba finisce con «caddero tre mele, una per chi ha raccontato la storia, una per chi l’ha ascoltata e una per la storia»
“A mio parere occorre andare oltre e pensare che il Mediterraneo non è solo la costa ma quel territorio che anche distante ne avverte ancora l’influsso climatico e metaforico. Così esistono anche in Italia regioni che sono praticamente penisole, come la Calabria, che però hanno più il carattere di un’isola e, nello stesso tempo, fatta eccezione per Reggio Calabria, presentano caratteristiche tipiche di un territorio dell’interno ad esempio a livello culinario. È infatti l’unica regione meridionale dov’è molto diffuso il consumo di maiale ed ha una specificità che è l’allevamento della razza podolica, nota soprattutto per il latte dal quale si ricava il formaggio tipico caciocavallo, importato dai Longobardi.” Della Sardegna potremmo dire altrettanto, isola di pastori più che di pescatori, perché quest’ultima è nota soprattutto per il corallo, tonno a parte.

E il gioco delle influenze non è sempre facile da rintracciare. Penso a quello che racconta l’antropologa e scrittrice tunisina, Lilia Zaouali, alla quale in un’intervista chiesi qual è il piatto tipico tunisino che nel suo immaginario la rappresenta.
“La chermoula, una salsa a base di uva passa, cipolla, spezie, aceto e zucchero, condimento essenziale del pesce preparato per la festa che segue la fine del Ramađan. Questa preparazione deriva anche nel termine da ‘salmoriglio’ e ricorda le salse agrodolce descritte da Apicio, nel suo De Re Coquinaria. Questo piatto eccezionale è diffuso in tutte le città costiere, che furono empori fenici prima di diventare cartaginesi per poi far parte dell’Impero romano, da Sfax alle isole Kerkenna, all’isola di Djerba, quindi a Bizerte. A proposito dell’agrodolce, la cosa curiosa è che in Italia questo gusto scomparve e poi fu reintrodotto dagli Arabi di Sicilia col nome scapece che deriva dal Sikbadj che andava di moda nell’impero abbasside”.


Le citazioni sono tratte dai suoi libri, Corrispondenze mediterranee, viaggio nel sale e nel vento (Oltre Edizioni), Lettera a un mare chiuso per una società aperta (Albeggi Edizioni) e dal alcuni articoli per la rivista Nutrito. 

domenica 29 gennaio 2017


La pazza della porta accanto - Teatro Menotti (Milano)

Scritto da   Sabato, 28 Gennaio 2017 
La pazza della porta accanto - Teatro Menotti (Milano)
Un lavoro coraggioso, fin troppo noto e sconosciuto ad un tempo: la ricostruzione di un personaggio diventato icona ma insondabile nell’animo come lo è il mondo della follia. Gassmann su un soggetto originale più per lo spirito che per i testi, compie uno sforzo di immedesimazione per l’approccio interessante e non buonistico, molto rischioso, con un lavoro straordinario sulla protagonista e un disegno luci che diventa parte integrante della regia e dell’interpretazione. Dal 24 al 29 gennaio il Teatro Stabile di Catania ed il Teatro Stabile dell’Umbria presentano in prima milanese “La pazza della porta accanto” di Claudio Fava, con la regia e ideazione scenica di Alessandro Gassmann e protagonista Anna Foglietta; la scenografia può annoverare la preziosa la collaborazione di Alessandro Chiti, i costumi sono firmati da Mariano Tufano, le musiche originali sono curate da Pivio & Aldo De Scalzi, mentre il disegno luci è di Marco Palmieri e le videografie sono state curate da Marco Schiavoni; al fianco di Anna Foglietta una nutrita schiera di talentuosi interpreti: Angelo Tosto, Alessandra Costanzo, Sabrina Knaflitz, Liborio Natali, Olga Rossi, Cecilia Di Giuli, Stefania Ugomari Di Blas, Giorgia Boscarino, Gaia Lo Vecchio.

Teatro Stabile di Catania e Teatro Stabile dell’Umbria presentano
LA PAZZA DELLA PORTA ACCANTO
prima milanese
di Claudio Fava
uno spettacolo di Alessandro Gassmann
con Anna Foglietta, Angelo Tosto, Alessandra Costanzo, Sabrina Knaflitz, Liborio Natali, Olga Rossi, Cecilia Di Giuli, Stefania Ugomari Di Blas, Giorgia Boscarino, Gaia Lo Vecchio
spazio scenico Alessandro Gassmann
con la collaborazione di Alessandro Chiti
costumi Mariano Tufano
musiche originali Pivio & Aldo De Scalzi
disegno luci Marco Palmieri
videografie Marco Schiavoni

Per una lettura completa dell'articolo: http://www.saltinaria.it/recensioni/spettacoli-teatrali/la-pazza-della-porta-accanto-teatro-menotti-milano-recensione-spettacolo.html

Dieci storie proprio così - Piccolo Teatro Grassi (Milano)

Scritto da   Venerdì, 27 Gennaio 2017 
Dieci storie proprio così - Piccolo Teatro Grassi (Milano)
Dal 24 al 29 gennaio in scena al Piccolo Teatro Grassi “Dieci storie proprio così”, un’opera-dibattito sulla legalità, con drammaturgia di Emanuela Giordano e Giulia Minoli e la regia della stessa Giordano. Un bel lavoro, denso, stilisticamente impeccabile, teatro di denuncia e teatro-giornalismo che però mantiene intatta la vocazione del teatro senza diventare altro. Bella interpretazione con un’elegante scenografia, di grande equilibrio nei tempi e nei toni. Un inno alla vita e alla sua dignità nel segno dell’onestà dove il grido “combattiamo” è un monito a non rinunciare e a considerare il teatro come un possibile strumento.

DIECI STORIE PROPRIO COSÌ
da un'idea di Giulia Minoli
drammaturgia Emanuela Giordano e Giulia Minoli
regia Emanuela Giordano
musiche originali Antonio di Pofi e Tommaso Di Giulio
aiuto regia Tania Ciletti
con Daria D’Aloia, Vincenzo d’Amato, Tania Garribba, Valentina Minzoni, Salvatore Presutto, Diego Valentino Venditti, Alessio Vassallo
e con Tommaso Di Giulio, chitarre e Paolo Volpini, batteria
“Dieci storie proprio così” è parte integrante del progetto “Il Palcoscenico della legalità”
assistenti al progetto Ludovica Siani, Noemi Caputo, Luca Caiazzo
una produzione Piccolo Teatro di Milano - Teatro d'Europa, Teatro di Roma - Teatro Nazionale, Teatro Stabile di Napoli - Teatro Nazionale, Teatro Stabile di Torino - Teatro Nazionale
in collaborazione con The CO2 Crisis Opportunity Onlus
Il progetto è promosso da Università degli Studi di Milano - Corso di Sociologia della Criminalità organizzata, Fondazione Pol.i.s., Libera, Fondazione Giovanni e Francesca Falcone, Centro Studi Paolo Borsellino, Coordinamento campano dei familiari delle vittime innocenti della criminalità, Fondazione Silvia Ruotolo, Italiachecambia.org.
con il patrocinio del Ministero della Giustizia e del Ministero dei Beni e delle Attività Culturali e del Turismo
con il sostegno di Fondazione Cariplo, Banca Intesa, Enel Cuore, Fondazione con il sud, SIAE

Per una lettura completa dell'articolo: http://www.saltinaria.it/recensioni/spettacoli-teatrali/dieci-storie-proprio-cosi-piccolo-teatro-grassi-milano-recensione-spettacolo.html